Nouvelle : Le Souffle du vent

   Voici un texte très court, que j'ai écrit surtout parce que je voulais savoir si j'arrivais à décrire un monde apocalyptique. Est-ce que j'ai réussi ? Je n'en sais rien, à vous de me le dire.

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   Le vent. Je crois que c’est lui qui m’a sauvé. J’étais là, couché par terre, incapable de faire le moindre mouvement, et je ne pensais plus qu’à la mort qui se rapprochait. Plus que cela, je l’attendais avec impatience.
   Puis j’ai senti un souffle sur ma joue. Sans ouvrir les yeux, j’ai d’abord pensé que quelqu’un m’avait retrouvé. Puis je me suis souvenu qu’il n’y avait plus personne. Morts. Ils étaient tous morts.
   Peu à peu, j’ai essayé de bouger mes paupières. La vision qui m’apparut alors n’était pas vraiment réconfortante, mais au moins, elle me permit de me rendre compte que j’avais raison : il n’y avait pas âme qui vive aux alentours.
   Et pourtant, je ressentais toujours cette présence autour de moi. Cela peut paraître bizarre, mais elle m’apaisait. A aucun moment je n’en ai eu peur. De toute façon, que pouvait-il m’arriver de pire ?
 
   Je me souvenais. Les cris, le sang, je me rappelais tout. Pire encore, je pouvais toujours sentir le goût de la Mort sur mes lèvres, percevoir son odeur. Elle était partout, elle avait tout emporté.

   Autour de moi, il n’y avait plus rien. La poussière avait recouvert les ruines de ce qui avait été autrefois une grande ville. Le paysage ressemblait aujourd’hui à un grand désert, où le sable volait en tourbillon, et où le ciel avait la même couleur que la terre. C’était un peu comme si un peintre avait décidé de refaire le décor, avec une seule palette qui allait du beige clair au brun. Plus aucun éclat, plus aucune vie.

   Pendant un instant, j’avais espéré que la présence à mes côtés ait été un humain, quelqu’un de chair et de sang. Une personne avec qui j’aurais pu échanger mes dernières paroles. Mais ce n’était que le vent, qui venait siffler dans mes oreilles et caresser mon visage.
   J’aurais pu être déçu. Mais ce n’était pas le cas. Au contraire, le vent me donna la force, le courage de me relever. Petit-à-petit, je commençai à bouger mes doigts. Puis mes orteils. Mes bras, mes jambes. Finalement, je redressai mon torse, et finis par me retrouver debout.

   Je scrutai l’horizon en quête d’un refuge, un endroit où je pourrais me protéger de la tempête de sable naissante. Je remarquai au loin une sorte de caverne formée par des débris de toutes sortes. Le genre de construction qui ne peut pas se créer toute seule. Mon visage s’illumina, et je décidai d’aller y jeter un coup d’oeil.

   En arrivant à l’entrée, je m’arrêtai net. Et si jamais il y avait quelque chose de menaçant, à l’intérieur ? Une chose inhumaine, comme celle qui avait décimé la population ?

   Mais de toute manière, qu’avais-je à perdre ? Ma vie ? Elle n’était pas importante si je devais la passer seul dans le désert. Je rentrai dans cette étrange grotte de bric et de brac, et ce fut une lumière qui m’accueillit. Ou plutôt une lueur. Celle d’un doux feu, réconfortante et chaleureuse.

   Je souris.  
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